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Lisez d'un coup tout l'évangile de Marc, à mi-voix, cela dure à peine une heure et demi, et vous connaîtrez cette sensation d'un Jésus imprévisible, insaisissable, toujours en mouvement. Et si l'on a fini par l'attraper, c'est à la fin, parce qu'il l'a bien voulu.
Tenez, à peine baptisé, choisi,
aussitôt l'Esprit le pousse au désert où il est tenté (Mc 1,12-13). On vous le dit en deux versets, et le voilà déjà en Galilée, puis au bord du lac où il appelle
aussitôt quatre disciples qui
aussitôt le suivent (1,40-20). Et ça n'arrête pas, on va de la synagogue de Capharnaüm à la maison de Pierre, le voilà qui passe la nuit à guérir, et au petit matin, il est déjà sur le départ.
Il allait par toute la Galilée (1,39)... Et l'on n'en est encore qu'au chapitre premier.
Marc vous raconte tout ça en scènes brèves, pareilles à des séquences de film. Et dans chacune d'elles, un personnage inouï que l'on ne décrit pas circule, entre dans cette maison, dans cette synagogue, monte dans cette barque, traverse ce lac d'un côté pour le retraverser de l'autre, parle à l'un, regarde sévèrement les autres, guérit d'un mot, ou chasse tel démon. Quand il s'adresse aux foules, c'est au bord de la mer, presque en marchant, ou depuis une barque prête à s'éloigner.
(...) Il n'enseignait pas comme les scribes ou les docteurs en Écritures saintes assis devant leurs disciples (Mc 1,22). Il ne fixait pas des normes comme les pharisiens. Il ne résidait pas dans les pourtours du Temple comme les sadducéens. Il ne s'installait pas dans un philanstère comme les esséniens. Il ne se braquait pas dans sa tête comme les extrémistes zélotes. Le Jésus de Marc était en mouvement. À lui seul, il était un mouvement.
Jean Alexandre,
Exils, Un Dieu qui nous appelle à trop de ruptures. Éditions du Moulin, 2007, pp. 63
Tu te heurteras à une mission impossible :
- si tu crois pouvoir bouleverser des habitudes sans te laisser toi-même bouleverser,
- si tu crois que le projet auquel tu travailles doit d'abord te procurer une satisfaction personnelle,
- si ton savoir-faire ou tes beaux discours l'emportent sur ton savoir-être et ta capacité d'écoute,
- si ton horizon se limite à tes seules relations privilégiées directes ou à ta tradition particulière,
- si tu te contentes de parler sans risque ou de te taire sur les violations des Droits de l'Homme et les atteintes à sa dignité de créature.
Tu entreras dans la joie d'une mission possible :
- quand, au lieu de t'attendre à être accueilli, tu te fais toi-même accueillant,
- si, au lieu de demander d'être compris, tu cherches toi-même à comprendre,
- quand l'autre aura vraiment sa place à côté de toi, que vous pourrez donner et recevoir l'un de l'autre et qu'ensemble vous saurez agir solidairement,
- quand tu peux prier les yeux ouverts sur ta propre pauvreté et rejoindre ainsi celle de tous les hommes,
- quand, rencontrant sur ta route ceux qui luttent pour la justice et la liberté, tu échappes au piège de la neutralité,
- quand tu refuses que la violence ait le dernier mot et qu'alors le Christ devient par toi facteur de réconciliation et germe d'espérance.
Peuple de Dieu, c'est à ce prix que tu accomplis ta mission et que tu as part à l'action apostolique, proclamant ainsi avec toute l'Église que "Jésus-Christ est vie du monde".
Expressions de foi de l'Église universelle. DEFAP
Mon kayak est tout petit
mais tu te serreras contre moi,
Si fort,
Que nous pourrons aller,
Mon doux soleil,
Au-delà de la colline des aigles,
Au-delà du froid et de la misère
Jusqu'aux verts paradis
Où les enfants n'ont jamais faim.
texte eskimo (anonyme)
L'Orange
Boris, assis sur un rondin, mangeait une orange.
Quartier après quartier.
Nicolas est venu s'asseoir près de lui.
- C'est bon?
- Très bon ! répond Boris.
- Ah ! soupire Nicolas. Si j'avais eu une orange,
je l'aurais partagée avec toi.
- Ouais, dit Boris en avalant son dernier quartier d'orange.
Dommage que tu n'aies pas d'orange !
Oleg Grigoriev
Je suppose que le monde soit une forêt. Bon !
Il y a des baobabs, du chêne vif, des sapins noirs, du noyer blanc ;
je veux qu'ils poussent tous, bien fermes et drus, différents de bois, de port, de couleur,
mais pareillement pleins de sève et sans que l'un empiète
sur l'autre,
différents à leur base
mais oh !
que leur tête se rejoigne oui très haut dans l'éther
égal à ne former pour tous
qu'un seul toit
je dis l'unique toit tutélaire !
Aimé Césaire, Et les chiens se taisaient, 1946
Un rabbin demande à ses étudiants:
- À quel moment peu-on dire que la nuit est terminée et que le jour a commencé ?
L'un d'entre eux suggère que c'est au moment où l'on distingue un agneau d'un chien.
- Non, dit le rabbin, ce n'est pas cela !
- Est-ce, dit un autre étudiant, au moment où l'on voit la différence entre un figuier et un olivier ?
- Pas plus, dit le rabbin,
Mais c'est au moment où levant les yeux sur un visage que vous n'avez jamais vu, vous reconnaissez en cet étranger un frère ou une sœur.
Proverbes
- Si tu veux marcher vite, marche tout seul ; Mais si tu veux marcher loin, marche avec les autres. (africain)
- Pour arranger une palabre, on n'apporte pas un couteau qui tranche mais une aiguille qui coud. (bahumbu)
- Grand Esprit, accorde-moi de ne jamais critiquer mon voisin avant d'avoir marché un mille dans ses mocassins. (Indiens d'Amérique du Nord)
- Qui donne promptement donne doublement. (Espagnol)
- Quand les baleines se battent, les crevettes ont le dos brisé. (Coréen)
- Il ne peut pas pleuvoir chez le voisin sans que nous ayons les pieds mouillés. (Chinois)
- Le soleil n'oublie jamais un village, même si il est petit. (Africain)