Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz



Prédications





Porteurs de l'Évangile  Actes 3/11-19 Luc 24/35-48

Avec ce récit de Luc, nous sommes toujours au soir du jour de la résurrection. Il se passe vraiment beaucoup de choses durant cette journée. En fait, trois épisodes se succèdent ce premier jour de la semaine, qui deviendra notre dimanche.

Le matin, deux femmes, Marie de Magdala et Marie mère de Jacques, s'en vont à la tombe de Jésus. Elles la trouvent vide. Mais deux hommes, en habits resplendissants, leur apparaissent et leur disent : " Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est point ici, mais il est ressuscité ". Ces femmes informent alors les apôtres et Pierre décide de courir à la tombe. Mais il n'y trouve rien et ne comprend pas ce qui se passe.

Deuxième épisode : deux disciples partent pour le village d'Emmaüs. En chemin, Jésus les rejoint. Tous les trois vont souper dans une auberge et là, les disciples reconnaissent Jésus au moment où il remercie le Seigneur pour le repas avant de rompre le pain.

Le troisième épisode, c'est celui de notre 2ème lecture d'aujourd'hui, est la rencontre de Jésus et de ses apôtres dans une maison à Jérusalem.

Sans doute est-il intéressant de constater que Jésus se montre successivement à plusieurs personnes ou à plusieurs groupes de personnes. Il ne se montre pas à tout le monde à la fois. Il rencontre chacun à son tour.

C'est donc Jésus ressuscité qui choisit le moment de la rencontre. Nous non plus, nous ne le découvrons pas tous en même temps. Certains le reconnaissent quand ils sont encore jeunes. Parfois même des enfants peuvent déjà croire en lui. D'autres commencent à vivre leur foi quand ils sont adultes ou même quand ils arrivent à un âge avancé. C'est vrai qu'il n'est jamais trop tard. Il y a peut-être des moments propices pour rencontrer Jésus-Christ. Il y a des moments où on n'est pas encore prêt, où la réflexion n'est pas assez mûrie pour franchir le pas décisif de la foi. Quelquefois cela peut venir brusquement, sans qu'on l'ait vraiment cherché. Mais alors, l'irruption de la foi déclenche une remise en question de l'existence, un nouveau sens à la vie, d'autres orientations.

De toute façon, c'est un moment privilégié, comme celui où les apôtres reçoivent la visite de Jésus ressuscité. Il ne faut surtout pas laisser échapper cette occasion-là. Il faut la saisir, il faut profiter de cette présence du Seigneur pour se décider, pour lui faire confiance et pour s'engager avec lui. Après, ce sera peut-être trop tard. Il pourra être parti ailleurs.

Ce récit de Luc est très bref. Les deux disciples qui reviennent d'Emmaüs racontent ce qui s'est passé, comment ils ont reconnu Jésus au moment du repas. Et puis voici que Jésus se présente au milieu du groupe. Il n'est pas dit qu'il vient. On pourrait se demander comment il a fait pour venir, comment il s'est déplacédu village d'Emmaüs jusqu'à Jérusalem, comment il est passé à travers les murs. Le récit de Luc dit simplement : "Jésus fut présent".

Jésus est donc là, au milieu. C'est un fait. C'est un fait brut, massif, incontestable. Jésus est là. Il est au milieu du groupe des disciples. Ces personnes n'en croient pas leurs yeux. Elles voient bien quelque chose. Mais elles ne pensent pas que ce soit Jésus. Elles croient voir un fantôme. Elles n'arrivent pas à admettre que Jésus soit ressuscité, vivant. Elles ne croient pas à sa réalité.

Nous aussi, ne nous arrive-t-il pas quelquefois de douter ? Ne nous arrive-t-il pas de nous demander si ce que nous croyons est bien réel ? Si la Bible a vraiment dit vrai ? Si Dieu existe vraiment et si on peut réellement lui faire confiance ? Et si tout cela n'était qu'illusion, vue de l'esprit, tissu d'imaginations ou mensonges inventés pour maintenir le bon peuple dans la servitude et le faire obéir ? Ce genre de négations et de faux raisonnements est encore actuel. On n'a donc pas fini de douter et de nous pousser à douter.

Pour balayer les doutes de ses disciples, Jésus leur demande s'ils ont quelque chose à manger. Ils lui présentent du poisson rôti ainsi qu'un rayon de miel. En fait, Jésus n'en a pas besoin. Il n'a pas besoin de manger. Mais il mange devant ses disciples pour leur prouver qu'il n'est pas un fantôme, qu'il a bien un corps, de la chair et des os, des mains et des pieds. Manger, c'est le signe de sa réalité, le signe qu'il est bien vivant.

Maintenant les disciples se trouvent devant une réalité, la réalité de Jésus ressuscité. Il dépend d'eux d'accepter cette réalité. Reconnaître Jésus, lui faire confiance, c'est à eux de décider. Le signe que Jésus leur donne n'est pas une preuve irréfutable, ce n'est justement qu'un signe. On peut l'accepter ou le refuser. L'adhésion est toujours une démarche personnelle. Elle doit venir de nous, personne ne peut la faire à notre place.

On ne se convertit pas sous la pression extérieure. On a voulu contraindre des gens à se convertir. On a persécuté des gens pour qu'ils se convertissent. On a fait la guerre pour forcer des populations à la foi. Mais ces procédés ne réussissent qu'à faire de mauvais chrétiens. Ce n'est pas non plus l'éducation qui fait des chrétiens, ni de bonnes prédications, même si elles peuvent y aider. La foi vient quand on reconnaît que le Christ est vivant, quand on choisit de lui faire confiance, quand on dit "oui" à sa proposition de nous prendre comme compagnons.

L'apôtre Pierre se trouvait dans ce groupe, quand Jésus s'est montré. Quelque temps plus tard, nous voilà au moment de notre 1ère lecture de ce jour. Dans le temple de Jérusalem, Pierre, accompagné de Jean, accomplit un miracle. Il fait marcher un handicapé de naissance. Devant la foule étonnée, Pierre prononce sa première prédication. Il affirme que Jésus, qu'on a rejeté puis crucifié, est ressuscité et que c'est sa puissance qui a réalisé ce miracle. Pierre doutait comme les autres. Maintenant il ose affirmer la vérité de la résurrection. Il est convaincu et il veut convaincre ses frères.

La prédication de Pierre à Jérusalem marque le début de l'expansion de l'Évangile. Jésus l'avait annoncé aux disciples le soir de la résurrection. Il annonçait que le pardon des péchés et la conversion seraient proclamés en son nom à toutes les nations.

Tous les hommes sont donc les destinataires de ce message. Ils sont tous appelés à recevoir le pardon de Dieu. Jésus-Christ nous permet, à chacun d'entre-nous, de bénéficier de la miséricorde de Dieu. Les apôtres et les disciples vont devenir les premiers missionnaires. Ils iront dire cet amour de Dieu et iront inviter les gens à croire en lui.

À partir de là, la situation des hommes pourra changer. Ils ne seront plus étrangers à Dieu. Ils vont le connaître. Ils vont être réconciliés avec lui. Ce ne sera plus la même chose. Parce que la relation avec Dieu est changée, la vie n'est plus la même.

La résurrection de Jésus permet cette ouverture de la Bonne Nouvelle. Quand Jésus ressuscité se montre à ses disciples, il les fait porteurs de cet Évangile du pardon et de la vie. Dans cette maison de Jérusalem, dans l'intimité, et même dans le secret, de cette rencontre, se décide l'évangélisation du monde. La réconciliation est offerte à tous, à tous les hommes de partout et de tous les temps.

Elle continue aujourd'hui à être offerte à tous ceux qui veulent bien la recevoir. L'avenir spirituel du monde a commencé là, ce premier jour de la semaine, à Jérusalem pour se continuer encore aujourd'hui.

Comme ce petit groupe de disciples, nous restons les témoins de ce pardon de Dieu. Comme eux, nous sommes les porteurs de ce message de pardon. Nous sommes là pour réconcilier les gens avec Dieu et les réconcilier entre eux. Pour lutter contre tout ce qui sépare, tout ce qui dresse les gens les uns contre les autres. Pour essayer d'apaiser les conflits et tenter de remplacer la haine et l'hostilité par l'amour et l'accueil réciproque. Pour permettre aux gens de vivre ensemble.
Oui, la résurrection, c'est vraiment le pardon et la vie.
Amen

Frédéric Orth. D'après une prédication du pasteur Louis Honney
Prédications Prédications 2009
Copyright © 2007 - Paroisse Réformée - B.P. 90071 - 57304 HAGONDANGE CEDEX
Téléphone: 03 87 71 41 56 - e-mail: eral.hagondange@wanadoo.fr