Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Mafa La vie de Jésus : la tempête apaisée
Prédications






Accompagné par Dieu, on peut se remettre en route 1Rois 19: 1-8


C'en est trop !
Trop, c'est trop !
Y'en a assez ! Y en a jusque là...

Nous connaissons ces états de " ras-le-bol " qui nous envahissent périodiquement, qui nous saisissent à l'improviste, nous ou d'autres autour de nous.

Des problèmes s'accumulent au travail, dans la famille ou à propos d'un engagement qui nous tient à cœur : Et nous voilà dépassés, chahutés, épuisés voire révoltés, effondrés, désespérés.

C'est bien ce qui arrive au prophète Élie. Il s'arrête à l'ombre d'un genêt, providentiel dans cette zone désertique et laisse éclater son désespoir. Pour l'homme de Dieu, le serviteur du Seigneur, la détresse est immense. Il se couche et veut mourir. Sa vie n'a plus de sens et il demande à Dieu de lui reprendre sa vie. Sa vie n'a plus de sens : parce qu'il constate qu'il ne vaut pas mieux que ses pères. Il n'a pas su écouter leurs conseils.

Ses ancêtres ont erré 40 ans dans le désert en ayant manqué d'obéir à la volonté de Dieu. Et lui le voilà à la porte du désert, dans une cruelle solitude, se rendant compte qu'il a raté quelque chose du côté de la volonté de Dieu pour lui. Il est profondément découragé, n'a plus de force pour continuer.

Valoir plus que ses pères
Vouloir faire mieux qu'eux,
Nous connaissons !

Il suffit de nous souvenir de nos jeunes années ou observer les générations actuelles. Vouloir ne pas tomber dans les mêmes piéges que ses parents. Ne pas faire les mêmes erreurs, avoir des principes éducatifs différents, mieux élever ses enfants, façon de se démarquer des générations précédentes.
Et le jour où l'on s'aperçoit qu'on a fait plus moderne mais pas forcément mieux, ça va mal. C'est comme si des années d'effort s'écroulaient. C'est profondément décevant. Et à la manière d'Élie, on est tenté de dire " C'en est trop ! ".

Mais au fait, comment le prophète en est-il arrivé là ?

Élie est l'un des premiers prophètes, ceux qu'on appelait les voyants, c'est-à-dire capables de voir dans la profondeur des personnes et des événements. Il était l'un des premiers et n'avait donc pas de modèle. Et la première des difficultés pour lui était de faire la distinction entre ses convictions personnelles, farouches, et la volonté de Dieu. Élie était un impulsif, il avait tendance à en rajouter, à dépasser ce que Dieu lui demandait. Il était un prophète plein de zèle.

Ainsi au mont Carmel, il jette un défi aux prophètes de Baal, il prépare un sacrifice et en appelle à Dieu. Une boule de feu tombe sur l'autel et dévore l'holocauste, le bois et les pierres. Le peuple reconnaît alors que le Seigneur est Dieu. Sur la lancée, Élie passe par le fil de l'épée les 450 prophètes de Baal.

Est-ce vraiment un ordre du Seigneur, cette tuerie collective ? Cela ressemble assez à une initiative du prophète, à sa logique de vouloir parfaire la victoire du Seigneur.

Élie va connaître ensuite la peur devant les menaces de la reine Jézabel. Il retrouve sa réalité et il en a peur. Et sous le choc, il se sépare de son jeune servieur et fuit dans la solitude où il s'enfonce. Voici donc pour le prophète Élie l'impulsif, le chemin qui l'a mené à s'isoler au désert.
Et nous, qu'est-ce qui nous amène à nos épuisements, à nos solitudes ?

L'expérience du prophète nous en avertit, confondre sa volonté avce celle de Dieu peut conduire au déséquilibre.

Mais aussi, l'environnement difficile. Déjà le prophète vivait dans un monde d'idoles qui lui étaient hostiles.
Aujourd'hui nous avons des sentiments d'infinie solitude dès que nous voulons lutter, réagir pour la dignité de la vie par exemple. Nous sommes tiraillés de tout côté ; les difficultés, les nuisances, les enthousiasmes, les bonnes volontés s'épuisent devant les problèmes sans solutions ou les retours en arrière. Nous sommes marqués par un sentiment de lassitude face aux défis actuels.

Nous sommes donc tout près de ce que vit le prophète Élie. Cependant sur ce chemin risqué et douloureux tout n'est pas perdu.

Comme la reine Jézabel (la reine des Baal) le fait pour Élie, les autres, amis ou ennemis, nous alertent de nos dépassements, pointent du doigt nos excès, ce qui n'est pas toujours très agréable. Mais les menaces, les rejets peuvent être des chocs salutaires quand ils nous remettent dans notre réalité. Ils peuvent en effet, Dieu le voulant, nous remettre en route, à la recherche de notre juste place dans l'existence.

Comme le chemin d'Élie se poursuit jusqu'à la montagne de l'Horeb, le nôtre de chemin, se poursuit avec le Seigneur.

Il en ressort une vision très pointue et encourageante entre le croyant et son Dieu. Nous apprenons à dépendre de l'Esprit seul. Bientôt la confiance en Dieu domine, confiance en notre Dieu discret.

C'est donc dire que " obéir à Dieu " ne vient pas en opposition totale à " obéir à ses idées personnelles ". Il ne s'agit pas de renoncer à notre personnalité, à notre indépendance d'être humain, mais de laisser l'Esprit du Seigneur nous nourrir, nous inspirer des attitudes et des actions, moduler nos élans et nos initiatives.
Dieu nous accompagne. Amen !
Pasteur Christiane Puzenat
Prédications Prédications 2008
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