Paroisse Réformée de
Hagondange - Maizières-lès-Metz

Le Logos est fait chair

Prédications





Veillez pour accueillir l'espérance   Marc 13/1-8 et 28-37

Vous le savez, de multiples enquêtes montrent qu'actuellement nos contemporains n'ont pas vraiment confiance en leur avenir. Ils ont peur. Peur de quoi ? Les enquêtes ont du mal à le définir. Cette peur est diffuse et multiple. L'incertitude du lendemain angoisse.
Nos contemporains aiment bien aussi faire des commémorations ; ils aiment bien se tourner vers leur passé, pour essayer de comprendre ce qui se passe ou ce qui va arriver.

Il en était de même pour la population d'Israël et pour les disciples à l'époque où le Christ vivait parmi eux. De grandes angoisses tourmentaient les gens. Des conflits étaient latents. Avec Rome en particulier. Des mouvements que l'on qualifierait aujourd'hui de mouvement de libération, harcelaient l'occupant romain et allaient provoquer une guerre de " pacification " et la destruction du Temple en 70 de notre ère.
70, c'est l'époque où Marc l'évangéliste écrit son évangile. On ne sait pas si Marc a réellement vu la destruction du temple, mais on le suppose. On pense que son évangile est contemporain de ces événements. Pour le peuple d'Israël, cette destruction du Temple est vraiment un signe qui annonce la "fin du monde".
Ainsi il y a une grande angoisse parmi les auditeurs de l'Évangile et c'est pour cela que l'on y trouve cette question posée à Jésus sur l'avenir : " dis-nous quand cela arrivera ? Quel sera le signe que tout cela va finir ? "
Certainement les disciples veulent-ils se préparer. Ils veulent être prêts quand la fin du monde arrivera, quand le Messie annoncé se présentera devant eux.
Cette question et cette attente étaient celles de l'Église primitive. On le sait par les lettres de l'apôtre Paul. Les chrétiens pensaient que la fin du monde allait arriver encore de leur vivant. Certains même s'étaient arrêtés de travailler. Et on sait aussi que les chrétiens de la première Église avaient mis tous leurs biens en commun et vivaient en communauté pour attendre le retour du Seigneur et la venue du royaume. Mais, vous le savez bien, ça fait 2000 ans qu'on attend, et ça fait 2000 ans que le monde, pourtant, continue à tourner tant bien que mal, malheureusement plus souvent mal que bien, en tout cas de notre point de vue.

Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, restez éveillés ! Vous ne savez pas quand ce sera le moment. (v 32-33)

Et Jésus, dans ce chapitre 13 de l'évangile de Marc, utilise la comparaison d'un figuier : " ...dès que les rameaux deviennent tendres, que poussent les feuilles, vous reconnaissez que l'été est proche. De même vous aussi, quand vous verrez cela arriver, sachez que le Fils de l'Homme est proche, qu'il est à vos portes. "
On a du mal à comprendre ce que Jésus veut dire. On a du mal à se rendre compte et sans doute les disciples eux-mêmes ont-ils du mal à décoder. Les disciples s'imaginaient que la fin du monde allait arriver avec la disparition de ce monde et qu'un nouveau monde allait venir. Ils n'ont pas compris la parole de Jésus. Ils n'ont pas compris ce que Jésus voulait dire quand il ajoutait : " En vérité, je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n'arrive ".

Est-ce à dire que la fin du monde allait arriver ? Non, sans doute pas. Pour Israël, peut-être était-ce la fin d'un monde. La destruction du temple, effectivement représentait pour eux la fin d'un monde, la fin de leur monde. Mais ça n'était pas pour autant la fin du monde. Et l'Église, les chrétiens, tout au long de leur histoire, subiront des persécutions, endureront des souffrances. Et ils auront à plusieurs reprises l'impression que leur monde est en train de s'effondrer. Mais chaque fois, un nouveau monde viendra lui succéder, une nouvelle époque.

Et à chaque fois, les chrétiens trouvent et trouveront l'énergie de résister et de survivre grâce à la force que leur donne leur Seigneur, survivre grâce à cette puissance qu'est l'Évangile, cet Évangile de libération.

Alors oui ! Chaque fois que les troubles sont arrivés dans l'histoire de l'Église, chaque fois le Seigneur était présent, il était là, il était à côté, à côté de ceux qui lui faisait confiance pour les soutenir, pour les accompagner, pour les délivrer de leur souffrance. Et pour ces "martyrs" d'hier et d'aujourd'hui (i.e. ceux qui témoignent), le "retour" du Seigneur est une réalité bien sensible.

Prenez garde, restez réveillés ! Ce n'est pas une mise en garde. C'est une parole d'espérance qui est donnée à ceux qui croient. Lorsque la souffrance vient, lorsque les tribulations arrivent, à ce moment là, vous, vous qui croyez, restez debout ! Vous pouvez rester debout en sachant que le Seigneur est là près de vous et qu'il vous soutient, et qu'il vous aide, qu'il vous accompagne. Ne vous abandonnez pas au désespoir.

Aujourd'hui encore, nous avons l'impression de vivre une période difficile. Il est certain que notre monde est en train de changer ; peut-être même qu'un monde est en train de disparaître et qu'un nouveau monde va arriver. Lorsque l'on vit cette mutation on ne se rend pas bien compte, on n'a pas le recul nécessaire pour le comprendre. Ce sont nos enfants, nos petits enfants, qui eux diront "eh bien oui, nous avons changé d'époque ".

Aujourd'hui cette parole, cet appel à rester éveillé est pour nous d'autant plus importante. Il nous faut être debout, et surtout il nous faut être confiants, assurés que le Seigneur est présent, qu'il est parmi nous, qu'il nous soutient de son amour. Que notre génération ne passera pas sans qu'on le voie à l'œuvre.
Aussi, pouvons-nous avancer, comme la nuée des témoins, aller dans ce monde témoigner de l'Évangile de Jésus Christ, témoigner de l'amour de Dieu pour tous les hommes. Et participer avec son aide à la construction d'un monde nouveau.

Aujourd'hui nous sommes le premier dimanche de l'Avent, nous entrons dans ce temps de l'attente qui va nous conduire jusqu'à Noël. Nous devons nous souvenir que cette attente ne correspond pas à l'attente d'une fin du monde improbable. Mais c'est le temps où nous nous préparons à accueillir celui qui nous permet de rester debout et de témoigner de son amour au monde.
Amen
Jacques Morel Prédications Prédications 2009
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